A mon avis : le nouvel E.P de Botox 98

Le précédent album de Botox ,You are”, en 2016, nous avait laissé sur notre faim. Non pas que les mélodies ne fussent pas bonnes, mais l’enregistrement et le mixage ne leur rendaient pas hommage. En octobre 2022, le groupe calédonien est revenu avec un E.P trois titres “Botox 98” qui fait preuve de maturité et qui montre que le quatuor a pleinement retenu les leçons du passé. Déjà pour le son général de cette production. Epais, bien dosé avec une batterie qui oublie les sons en carton pâte. On savait Botox capable de nous pondre des mélodies rock et mélodiques, influencées par les Foo Fighters et Pearl Jam. Ils démontrent sur cet album cette qualité, ce talent.

Dans le détail, “Never again with Aline” qui ouvre l’album – et qui a tous les atouts du single-, offre ce que Botox fait de mieux : vous prendre à la gorge tout de suite. Façon Pitbull. On rentre dans la chanson sans attendre et le refrain accrocheur s’impose rapidement. Pour les trainards, la chanson ne manque pas de rappeler qu’on est pas là pour se rouler des pelles. Mi-parcours, elle se relance rythmiquement et vocalement pour terminer de manière échevelée. Comme en concert. En forme d’apothéose.

“We Bow” montre une autre facette du groupe. Celle de l’émotion et de la tentation d’une balade. On y retrouve la voix enveloppante et posée de Gérald Leloup sur une intro de guitare aux sons subtils et délicats. Tout en sachant que cela ne durera pas. Après le fameux “tree, two, one, zero” le groupe reprend ses habitudes de déménageurs. C’est bien fait avec de belles cassures rythmiques, mais je trouve cela dommage. Dommage de ne pas avoir exploité jusqu’au bout l’ambiance du début, que l’on retrouve en partie sur le pont avec un beau riff de guitare et un synthé. La voix trop rocailleuse et un peu forcée cassant quelque peu l’excellente ambiance amorcée par ce titre.

Enfin “Président” clôt cet enregistrement. Il reste dans la veine de la fin du second morceau et offre un bel enchaînement. Les riffs et breaks de la rythmique que l’on pouvait penser répétitif pour la suite de la chanson font place à la délivrance d’un refrain mélodique et parfaitement chanté. C’est à ce moment-là que l’on entrevoit la capacité de création mélodique de Botox 98 en alternance avec des parties rythmiques qui fleurent bon le rock alternatif et la grunge. On est aussi agréablement surpris par les arrangements de piano dans le refrain. Un retour aux sources des premières années de Botox quand le groupe avait un clavier.

C’est donc une belle production qui offre enfin un reflet de ce que propose Botox 98 en concert. Une production qui, pour la suite, mériterait d’être affinée notamment dans la gestion des sons des deux guitares et dans l’éclaircissement de la voix de Gérald. Quand un chanteur tient la route…Il faut le mettre en valeur. Enfin l’ensemble du mix mériterait également d’avoir une coloration moins mate.

Mis à part ces points de détail, je recommande vivement l’écoute (et l’achat !) de leur E.P (liens ci-dessous). Il rend honneur aux efforts de production des groupes de rock calédoniens qui font souvent avec les moyens du bord.
Pour conclure et pour la petite histoire, Botox est devenu Botox 98 en raison du nombre important de groupes ayant “Botox” comme patronyme. Un moyen de se démarquer dans la jungle du web.

Laurent Navarro

 

Botox 98

Gérald Leloup : basse et chant
Thomas Vincent : batterie
Marco vergé : guitare
Cedric Louis : guitare

 

Crédit photo : Jean-Christophe Robert

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