Monster Magnet ou les saigneurs de l’espace

 Le surfeur d’argent et une armée d’amplis en train de se mettre sur la tronche. Les 4 Fantastiques et l’armée de la distortion contre les forces du Mal de la musique au kilomètre. Le pouvoir du riff de l’Univers. L’abus de pouvoir des décibels cosmiques, le « powertrip » ultime. Il n’y a pas de faute d’orthographe dans le titre. Parce que oui, c’est la guerre et l’espace saigne avec Monster Magnet.
 
 Toutes ces références superhéroïques ne sont pas gratuites. Parce que sans Marvel, Dave Wyndorf, tête pensante du combo du New Jersey, ne serait pas ce qu’il est. Dave Wyndorf n’est pas un gamin. Le bougre a 64 ans et est plus jeune que la plupart des jeunes. Fan invétéré d’Hawkwind (groupe où un certain Lemmy a commencé sa carrière), des Stooges, de tout un tas de groupes plus ou moins obscurs des 70’s et de comic books, notamment ceux de l’écurie de Stan Lee (Marvel, donc). Et ce mec peut se targuer d’être le seul artiste de la planète rock a avoir un personnage de comic book nommé d’après l’une de ses chansons : Negasonic Teenage Warhead, apparue dans les X-Men vus par Grant Morrison (grand scénariste de comics et fan du groupe) et dans le deuxième film Deadpool.
 
 La musique de Monster Magnet réussit à marier les univers du rock psychédélique, de la grosse fuzz et des pages colorées narrant les aventures incroyables de super-héros. Comme ça, hop. Et ce n’est pas pour rien que ce groupe est un pilier de ce fourre-tout absolu qu’est le stoner rock.  C’est du heavy power space rock à écouter en lisant les meilleurs comics que tu peux te mettre sous la main (si tu aimes ça, mais tu peux aussi faire sans). Du GROS rock à la puissance intergalactique.
 
 Si tu ne connais pas, le visionnage de certains clips passés ou d’anciens live peut te donner l’impression que Monster Magnet est « over the top ». Ca l’est, oui. Mais c’est voulu. Wyndorf a beau avoir un costume d’ampoules électriques et être entouré de nanas dans ces vidéos, ce n’est que du cirque qui joue avec les codes. Il n’y a pas plus humble et clairvoyant que lui dans cette galaxie distordue. Il  l’a dit lui-même, dans ces bonnes vieilles nineties : « Dans la vraie vie, je suis comme Peter Parker. Avec Monster Magnet, je suis Spider-Man ». Ca peut paraître débile de prime abord. Mais c’est tout le contraire. 
 
 Il est parfaitement conscient que toute cette tambouille qu’il a créée n’est qu’un immense barnum et se souvient que, plus jeune, les groupes qu’il vénérait délivraient un véritable show. Pas ces shows à base de pyrotechnie qui représentent 758 mois de salaire, mais ces shows où les mecs sur scène sont des personnages à la limite du réel. Monster Magnet et le Dave Wyndorf scénique, ce Nick Fury de la musique, c’est son monde intérieur qu’il vit à travers son art. Qui aurait pu être créé sur papier et trouvable en librairie.
 
 Ce groupe est une machine à hymnes. Space Lord (Motherfucker) ! Powertrip ! I’m God ! Monolithic Baby ! Des hymnes qui te donnent envie de devenir patriote monstrueux, de défendre les valeurs du Magnet, d’appartenir à la nation Wyndorf. Et c’est bon ! C’est un piège sans risques !
 
 J’ai été converti à Monster Magnet jadis. Je n’en suis jamais revenu. Comme exutoire supersonique, il y a tout ce que j’aime dedans. Si je réussis à te convertir, je serai le prosélyte le plus heureux. Sans vergogne. « I’m never gonna work another day in my life »  scande Dave dans Powertrip. Ma devise. Bientôt la tienne.
 
Nico Manroe
 
– Titre pour une introduction en douceur à Monster Magnet : Gods and Punks
– Nouvel album : A Better Dystopia (mai 2021)
– Albums pour les néophytes : Powertrip, Mastermind, Last Patrol, Mindfucker.
 

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