Danko Jones ou la musique du feu

 C’est l’histoire d’un power trio canadien qui bourlingue depuis environ 25 ans, qui est adoubé par la Grande Loge de la Confrérie du Rock dont le grand Lemmy Kilmister, et qui reste encore injustement méconnu d’un public plus large. Une histoire fréquente dans ce monde impitoyable, dans cette industrie du « cool » qui n’a de cool que le nom ou l’adjectif. C’est l’histoire de Danko Jones. Pour moi et pour beaucoup d’amoureux du rock’n’roll un des groupes les plus importants de notre époque malgré une faible couverture médiatique « mainstream ». Ce qui est peut-être mieux comme ça. Ou pas. Ce n’est pas à moi de le décider.
 
  Car ce trio s’est uniquement forgé sur la route depuis ses débuts. D’abord principalement au Canada et dans les états du nord des USA, puis très rapidement en Europe et notamment, sans grande surprise, dans les pays scandinaves, terres sacrées du rock sur le Vieux Continent. Le bouche à oreille a fait son effet, le groupe a avalé des kilomètres de bitume et des miles à travers les airs. Danko Jones s’est retrouvé au fil du temps en première partie de groupes tels que Motörhead, les Stones et Guns N’ Roses ainsi qu’à partager les scènes principales de festivals avec Faith No More, The Offspring et à tourner avec Clutch (autre groupe grandiose non mainstream). Et j’en oublie.
 
  Sa réputation le précédant, labels et contrats obligent, le groupe s’est vite retrouvé à enchaîner les sessions en studio pour pondre album sur album, tous aussi puissants les uns que les autres. Du « punk-hard rock-je sais pas comment le qualifier » supra-mélodique, des textes qui parlent de blessures au coeur, de route, de hargne, de danse, de sexe, de musique, de choses simples et vraies. Des morceaux courts instantanément mémorables. Un art du songwriting efficace poussé à l’extrême. De la « fire music », comme le titre d’un des albums du trio.
 
  Danko Jones, c’est aussi le nom de son  « leader ». Un type qui déborde d’énergie, dont le personnage scénique n’a pas son pareil dans l’univers de la distortion. Un mec humble, passionné, prolifique et par-dessus tout talentueux. Un concert de Danko, c’est une grande teuf où il te parle, où il blague avec toi, où tu te retrouves baigné dans une piscine de Red Bull gavée de stéroïdes, et pourtant, je trouve qu’il n’y a rien de plus dégueulasse que le Red Bull et ce mec n’a clairement pas le gabarit d’un gars stéroïdé. Mais voilà, un live de Danko Jones, ça peut ressembler à ça. Et le groupe est soudé, lié par le sang qui coule dans les sillons des premiers vinyles de l’Histoire du rock’n’roll. Ca joue ! Ca prend du plaisir ! Et c’est fun !
 
  Tout le monde aime Danko. Il traverse les frontières du rock. Lemmy (encore et toujours) apparaît dans leurs clips, tiens. Sepultura a livré une version de « Sepulnation » avec lui pendant nos temps confinés. Il est partout. Même dans la presse rock où il écrit des billets. Danko est souvent à l’affiche des grands festivals rock. Et moi, vous l’aurez deviné, j’aime Danko. J’espère que vous l’aimerez aussi. Parce que si vous aimez le rock’n’roll, originel ou moderne, vous n’avez clairement pas le choix. Le mec a chanté « Forget My Name ». C’est la seule fois où je vais lui donner tort. Over and out.
 
Nico Manroe
 
 

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